11 mai 2010

À l'heure du retard - 2ème partie

Ce post s'est fait attendre, mais c'était uniquement pour coller au thème.

Dans l'épisode précédent : un jeune coloniseur découvrait avec amertume que dans le monde cruel de l'animation, l'on ne peut se fier à rien, pas même à l'horaire officiel indiqué par un papier approuvé, signé, tamponné.


Nous voici donc le jour du retour à la maison. Dans le train qui les ramenait vers des vacances (des vraies) bien méritées, les coloniseurs profitaient des derniers instants de colo, soulagés de ne plus avoir à consoler nuit et jour, qu'il pleuve ou qu'il vente, pour le meilleur et pour le pire, les sanglots hoquetant et les torrents de larmes, teintés d'une bonne dose de cinéma, des parents éplorés à qui les petits monstres manquaient cruellement.
Tout le monde débarque, les familles qui attendent sur le quai, en face du bon wagon, accueillent leur progéniture par moultes embrassades. Tandis que les premiers partent, notre coloniseur regroupe les cinq gamins du CE, qu'il doit ramener en sens inverse, de nouveau par taxi.

Tiens, en parlant de ça, où c'est qu'il est le chauffeur ?
À mesure que le temps passe et qu'alentours, le nombre d'individus de moins d'1m50 diminue, il devient clair que tout ce petit monde n'est pas rentré. Il est décidément bien ignorant de l'absurdité de la vie, ce coloniseur ! Il s'imaginait, bêtement, que le chauffeur aurait reçu des instructions du genre "Votre mission, si vous l'acceptez, sera d'aller cueillir vos passagers à la sortie du train n°bidule, quai tant, nième wagon."
Ca marche bien pour les parents (et pourtant, ils ne sont pas tous très futés). Mais non ! Pourquoi chercher la facilité ? Soyons joueurs ! C'est beaucoup trop simple de repérer une bande de 40 gamins, leurs 40 familles et 4 adultes aux t-shirts subtilement colorés, dont l'identité est marquée on-ne-peut-plus lisiblement dessus (ANIMATEUR).
C'est autrement plus drôle de chercher parmi la foule de la gare Montparnasse un(e) homme/femme seul(e), brun(e)/blond(e)/roux(sse)/chauve, grand(e)/petit(e), gros(se)/maigre, en chemise/veston/t-shirt/costard/tailleur/débardeur/tout(e) nu(e).

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Alors que doit-il faire ? Laisser cinq enfants derrière ("Soyez sages, embêtez pas les gens, jouez pas sur les rails" 573129 ) pour partir à la recherche de l'invité mystère ? Ou les trimballez avec lui et leur faire faire trois fois le tour de la gare (Montparnasse, je rappelle), avec leur sac à dos et cinq valises plus grosses qu'eux ?
Le coloniseur, qui de plus est à court de forfait (quel manque de professionnalisme, je vous jure), emprunte le portable d'une colonitrice pour appeler son directeur resté au centre, qui téléphonera au Grand Manitou des colonies, pour lui demander de contacter l'organisateur de Comité d'entreprise & co., afin qu'il joigne la compagnie de taxi, qui seule détient le 06 de son chauffeur.
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Après une partie de "téléphone arabe" en sens inverse, la réponse finale est : "il est sur le quai."
...
\o/ Ah, bah chouette alors ! Ca réduit la zone de recherche à une plateforme de, grosso-modo, 10m sur 500 qui, manque de bol, est toute pleine de gens. Le coloniseur attend donc que tous les autres enfants aient été rendus à leurs parents pour aller, avec les cinq derniers et ses collègues, jusqu'au bout du quai. Arrivé là, il ne peut rien faire de plus que se pavaner au hasard parmi les gens, arborer son bô t-shirt sous le nez de toutes les personnes seules, dans l'espoir qu'on le reconnaisse.

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Au bout de quelques minutes, le chauffeur le voit. Ouf.
Le voyage jusqu'à Pourg-Balette se déroule sans encombre - les transports étant sous-traités, il reste quand même des choses qui fonctionnent dans l'organisation. Va falloir y remédier... - où l'"organisateur" attend le coloniseur de pied ferme, poings serrés, sourcils froncés, crocs sortis. Et il trouve encore le moyen de lui reprocher le retard, ce bougre !

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Pov' tâche.

Ah, tiens, il manque un parent.
"Bah oui, vu que vous n'arriviez pas, je lui ai proposé de rentrer chez lui en attendant. Je vais le prévenir."
Eh ben, heureusement qu'il y en a un qui pense aux parents ici, dis-donc ! C'est sûr, ils ne sont pas habitués aux retards des transports en commun. On n'a JAAAMAIS vu un voyage scolaire dont le retour ne se faisait pas pile poil à l'heure prévue. Pis bon, on est dimanche, ya surement du foot à la télé. C'est quand même moins chiant d'attendre pénard chez soi que dehors, tout ça pour accueillir une gamine qu'on n'a pas vu depuis une semaine.
Et le coloniseur peut bien attendre une demi-heure de plus pour annoncer au papa que sa fille a été une choupette adorable (ce qui, pour le coup, était vrai), c'est pas comme s'il avait encore 2h30 de train pour rentrer chez lui.

Heureusement, sur une semaine de colo, il n'y a qu'un départ et qu'un retour...

Posté par SuperSaumon à 20:29 - Les pros fanent - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Et les organiseurs qui semblent être de fieffés empaffés, y'a pas moyen de les remettre en place ? :[

    Posté par Ehfull, 29 juin 2010 à 07:17
  • La différence d'âge et de statut rend pas les choses faciles. Et comme les parents (et les enfants) sont là et qu'on est avant tout des prestataires de service, on peut pas se permettre de pousser la gueulante devant eux...

    Et puis bon, faut relativiser. On a eu du retard à cause de sa logistique à deux balles, mais les gamins ne sont à aucun moment retrouvés en danger.

    Posté par Le Coloniseur, 29 juin 2010 à 10:10

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